Et elle retournait.

—«Où donc allez-vous?

—Chercher les clefs. Mon père a les clefs, là, dans notre loge. Oh! ce ne sera pas long.»

Tout en disant: «Ce ne sera pas long», l'astucieuse péronnelle restait là, ne bougeait plus, s'autorisait des questions de la dame pour s'attarder. Éperdue, Flaviana tira de son petit sac sa bourse en or. Toute prudence lui échappait. Et cependant, elle sentait maintenant que sa mystérieuse compagne la retenait, l'avertissait, par petites secousses, de son vêtement.

—«Cette bourse, ma mignonne, vous l'aurez. Mais ouvrez... ouvrez!

—Je ne peux pas, madame...» Et la fillette écartait ses deux mains vides.—«Il me faut les clefs. Et encore, peut-être serai-je obligée d'attendre mon père. C'est si dur, cette grille! Mais je vais essayer.»

Elle disparut dans la maisonnette.

Là-bas, la grande limousine, ayant retrouvé son conducteur, se mettait en mouvement. Mais non pour continuer vers la sortie. Elle recula, grimpa presque sur le talus pour prendre du champ, accomplit un court et savant virage, puis s'élança vers la profondeur du parc.

Flaviana, comme une folle, s'accrocha aux barreaux de la grille, fit le geste vain de les secouer. L'angoisse fut trop forte. Elle cria:

—«Serge!... mon fils!... François!... C'est moi, petit François!... Au secours!... Personne ne vient donc à mon aide!...»