—«Tant mieux pour lui, en ce cas! murmura-t-elle. Et, après une brève hésitation:—«Il n'y a pas d'autre tactique possible. Tenez, madame, voici qu'on vous ouvre la grille... à moitié, pour que votre auto n'entre pas. Je sais maintenant qui vous êtes, madame Flaviana. Moi, je m'appelle Katerine Risslaya. Si vous ne me retrouvez pas ici tout à l'heure, ne doutez pas de la pauvre fille que je suis. Je vous le jure... ils expieront leurs crimes... Et ils vous rendront votre enfant.»

VIII
PRISE AU PIÈGE

Lorsque Flaviana, que suivait la fille du portier, se fut avancée assez loin dans l'avenue descendant aux ruines, un homme sortit à son tour de la loge. Il vint ouvrir le second battant de la grille. Et alors il se planta, sifflotant, au beau milieu, avec un air rogue, comme un chien de garde, prêt à se jeter sur qui entrerait. Son regard plein de méfiance alla du mécanicien de louage, qui dormait sur son siège, au jeune homme que la visiteuse avait laissé là, à l'attendre. Pour celui-ci, le regard se fit particulièrement hargneux.

—«Eh bien, mon petit père,» lui dit Katerine en russe,—et elle ricana,—«on dirait que ma figure ne te revient pas.»

Le gaillard faillit tomber à la renverse.

—«Comment?... vous parlez... vous savez le russe, mon garçon?

—Je sais bien d'autres choses,» riposta-t-elle,—toujours avec son mauvais rire,—«Mais ça n'est pas pour ta barbe, petit père. C'est pour celui qui va revenir par ici, et qui sera content de les connaître.

—Tu feras bien de ne pas te mettre sur son chemin, car il sera pressé.

—Il trouvera le temps de m'écouter, je t'en réponds.