—«Je vous en supplie... je vous en supplie, madame... Parlez plus bas!...

—Ah! vous craignez qu'on ne m'entende.

—Non, mais... c'est l'abbaye... On dit que les moines reviennent... Il ne faut pas leur manquer.

—Vous êtes bien rusée, mon enfant... Sont-ce les revenants, dites-moi, qui se tiennent au chaud?... Tenez, là... tout près, de l'autre côté de ce mur.»

Violemment, avec la force irrésistible de ses nerfs, Flaviana saisissait le poignet de la jeune fille, lui appliquait la main contre la paroi. La pierre était chaude. Un dégagement de cheminée passait sans doute dans l'épaisseur de la muraille. Ou peut-être la cheminée même s'y creusait. De bonnes bûches crépitaient là, tout contre.

Quel était l'hôte qui s'égayait à leur flamme?

—«Le prince Omiroff... Montre-moi comment aller à lui. Je te donnerai ce que tu voudras, ma mignonne... Parle... voyons... Aie pitié d'une mère... On ne saura pas que c'est toi. Ne pourrais-je deviner?... trouver?...»

Au nom d'Omiroff, la fille du garde s'était convulsée de frayeur. Elle protestait: «Non... non!» éperdue, avec des sanglots dans la voix. Rien à tirer d'une épouvante aussi sincère. Flaviana le comprit.

—«Eh bien!» s'écria-t-elle, «j'irai seule. Il y a des issues, des portes...»

Elle s'élancait...