Une grosse voix monta. De rudes accents, que répercutaient les échos des salles, des couloirs.
—«Père!...» appela la jeune fille.
Et, courant vers l'escalier, elle répondit en russe, avec animation.
Une lueur s'éleva dans la tourelle. L'homme gravissait les marches, apportant une lanterne.
—«Ben, quoi?» fit-il,—adoptant cette fois le français, qu'il parlait d'ailleurs aisément.—«On ne visite pas si tard. Faudrait voir tout de même à vous en retourner, madame, sauf votre respect.»
Ce gros homme, avec une face couperosée par l'alcool, sous une tignasse fauve plantée jusqu'aux sourcils, n'était pas d'un aspect rassurant. Mais la fièvre d'un désir plus fort que la peur emportait Flaviana.
—«Mon brave homme... voilà tout ce que j'ai d'argent sur moi... Voilà mes bagues, ma bourse en or... Allez seulement dire mon nom au prince... Que je lui parle cinq minutes... Il ne peut me refuser cela!...
—Quel prince?...» fit le garde, prenant soudain l'air hébété.
—«Madame croit qu'on habite ici, parce que ce mur est chaud,» expliqua sa fille, qui eut un rire sournois.
—«Et tu n'as pas montré à Madame?...» dit l'autre avec une fausse bonhomie.