—Un échange, oui.
—Que lui demandez-vous donc en retour de vos concessions?
—Mon fils.
—Votre fils!»
Lord Hawksbury, pétrifié, attendait l'explication.
—«Oui, mon fils,» répéta Flaviana. «L'enfant de son frère Dimitri, qu'il a cru faire disparaître, pour hériter de mon mari. Il héritera. Je consens à tout. Voilà ce qu'il faut qu'il sache. Voilà ce que je voulais lui crier. La fortune, le nom même... qu'il garde tout! L'état civil de mon petit Serge est constitué tout à fait en dehors de la famille Omiroff. Je n'y changerai rien. Je ne veux que mon enfant... vous entendez, Hawksbury... Mais il faut que Boris sache au plus tôt dans quel état d'âme je suis. Et qu'il y croie, surtout, qu'il y croie! Vous pouvez faire cela, mon ami... Vous seul... Vous vous porterez garant de ma sincérité. Et cela vaudra mieux que tous mes serments, à moi. Suivez-le, rattrapez-le, convainquez-le. Mais, si vous avez la moindre pitié pour moi, hâtez-vous!... Qui sait où l'on a emporté mon enfant... ce qu'il adviendra de lui!...
—Pardon,» dit lord Hawksbury.
Il gardait son apparence flegmatique. Il n'y faisait peut-être pas effort,—d'abord parce que telle était sa plus intime nature, la forme même de son inconscient, puis parce qu'il voulait savoir. Toute son application tendue à démêler l'énigme, refrénait ses sentiments.
—«Pardon,» répéta-t-il. «Mais ce Boris Omiroff est donc un misérable?
—Qu'importe!... Si ses deux mains me tendaient mon enfant, je baiserais ses deux mains,» déclara Flaviana.