—En voilà une idée de me faire poser à la porte!... Où est madame?... Est-ce qu’elle n’a pas reçu ma dépêche?

—Je demande pardon à monsieur, dit la femme de chambre. Je cherchais cette lettre que madame m’a dit de remettre à monsieur dès qu’il...

—Elle n’est donc pas là!...

Vincent jeta ce cri avec un frémissement d’émotion où il y avait de la joie et de l’angoisse.

—Non, monsieur... Mais madame sera ici sans faute demain matin...

—Ah! dit-il,—et ce fut la joie qui se dissipa pour ne plus laisser que l’angoisse,—qu’est-ce qu’il y a donc?

La femme de chambre, qui maintenant ouvrait la grille, expliqua que madame s’était trouvée forcée de partir pour Paris... Une retouche à un tableau qu’on emportait en Amérique,—ce qui ne souffrait pas de retard. Madame avait été désolée, car, ayant reçu la dépêche de monsieur, elle se réjouissait de le revoir. Mais elle l’attendrait demain, et si monsieur voulait indiquer le moment de la journée...

Vincent regardait Estelle, cherchant à lire sur le visage de cette fille quelque chose qu’elle ne disait pas. Il trouvait tout cela singulier. Et, par une contradiction bien humaine, il se vexait de ce que Sabine eût fait passer une affaire quelconque avant la grande affaire de le revoir et de terminer leur querelle. Il demanda:

—Madame ne pouvait donc pas me faire prévenir à Villenoise? J’ai voyagé toute la nuit...

—C’était difficile, monsieur. Le château est loin, à pied... Madame n’a que moi... Ou alors il aurait fallu rencontrer un garde...