—Oh! simplement pour extraire la balle que vous avez dans le côté. J’ai déjà fait un sondage, et je crois pouvoir vous répondre qu’aucun organe essentiel n’est atteint.
—On a voulu m’assassiner! dit Vincent. Mais comment?... Pourquoi?... Quel est cet homme? Je n’ai pourtant pas d’ennemis. Mes ouvriers m’aiment... N’est-ce pas, monsieur?
—S’ils vous aiment!... L’usine est sens dessus dessous... Il ne faudrait pas que le gredin s’y montrât!... M. le directeur était ici à l’instant. Mais il est parti pour empêcher les hommes et les femmes d’accourir au château.
—Ils voulaient venir, ces braves gens?...
—Oui, et les femmes se disputent à qui vous servira de garde... Mais, monsieur, il ne faudrait pas vous agiter. Vous serez bien raisonnable de ne pas parler du tout.
La recommandation se trouva inutile. Avant la fin de la phrase, Vincent était tombé dans un nouvel évanouissement.
Il n’en sortit que dans le délire et la fièvre.
L’impossibilité de l’interroger rendait absolu le mystère dont s’enveloppait l’attentat. Le Parquet, prévenu sur-le-champ, ouvrit une instruction. Mais, comme les données étaient à peu près nulles, force fut d’attendre que le blessé lui-même—si toutefois il ne mourait pas—pût fournir les renseignements indispensables.
A cause de la personnalité de M. de Villenoise, de sa situation, du bien qu’il faisait, des sympathies venues à lui de toutes parts, cette tentative d’assassinat mit en rumeur toute la province et occupa l’attention de Paris.