Il répondit:

—Madame, je vous jure de dire la vérité. Vincent m’a confié qu’il vous épousait par devoir.

Sabine porta les deux mains vers son cœur et ferma les yeux, avec un long frémissement de tout le corps. Quand cet éclair de souffrance affreuse eut cessé de lui tordre les nerfs, elle regarda son bourreau, et reprit très bas:

—En aime-t-il une autre?

—Là-dessus, madame, dit Dalgrand, permettez-moi de ne pas vous répondre.

Elle eut un rire déchirant, atroce.

—En effet, reprit-elle, vous aviez raison: il ne me pardonnera pas!...

Un silence tragique tomba dans le grand atelier à demi vide, sans tentures, sans tapis, où de larges toiles grises, jetées sur des amas de choses, semblaient des linceuls ensevelissant les heures mortes, les heures de joie vécues là, et qui ne reviendraient jamais.

A la fin, Sabine parla:

—Je sais quelle promesse vous me demanderez, monsieur, pour ne pas me livrer à la justice.