XV

Lorsque, le lendemain, vers quatre heures de l’après-midi, Robert Dalgrand, dans une voiture de louage, franchit la grande grille de Villenoise, une appréhension lui crispa le cœur. Que se serait-il passé? Comment allait-il trouver Vincent?

Devant lui, la royale avenue de châtaigniers s’étendait, d’aspect plus grandiose encore, dans la sauvage tristesse de l’automne. Au fond, la façade du château, blanche et rigide au milieu de son cadre élargi, ressemblait à un visage dont l’impassibilité garde un secret mélancolique.

Pour la première fois peut-être, l’imagination, chez Robert, domina l’énergie de la pensée, et il se sentit impressionné par la physionomie des choses.

Son malaise intérieur se changea en une terrible anxiété lorsqu’un domestique lui dit que monsieur n’était pas au château, mais qu’il avait laissé une lettre pour M. Dalgrand.

—Une lettre pour moi!...

—Oui, au cas où M. Dalgrand viendrait.

—Où est-il?... A l’usine?