—Non. Monsieur est parti brusquement pour Paris.

«Parti brusquement pour Paris!...» Qu’avait-elle donc inventé, cette femme, pour le faire accourir vers elle, lui qui ne pouvait encore sans imprudence entreprendre ce voyage?... Que lui disait-elle en ce moment, dans cet atelier où, hier, lui-même, Dalgrand, l’avait confondue, réduite au désespoir et à la soumission?... Par quelles sorcelleries le reprenait-elle?

Ainsi elle avait manqué à sa parole! Elle avait trouvé moyen de revoir Vincent! Elle l’avait joué, lui, Robert!... Mais ne s’était-il pas conduit comme le dernier des insensés en refusant cette lettre qu’elle voulait écrire pour le juge d’instruction? Dire qu’il avait cru cette sirène, cette créature de sang et de perfidie! Maintenant tout était bien perdu, car l’intervention même de la justice arriverait sans doute trop tard pour éclairer Vincent, pour le délivrer du piège où elle l’aurait enfermé.

Ces réflexions ôtaient à Robert son habituel sang-froid, tandis qu’il suivait le valet de chambre jusque dans le cabinet de travail où M. de Villenoise avait laissé sa lettre.

L’épaisseur du pli l’étonna. Robert déchira l’enveloppe, et tout de suite il en remarqua une seconde sur laquelle ces mots en grosses lettres lui sautèrent aux yeux:

«Attends d’être seul pour lire.»

Alors il remarqua que le domestique, un peu étonné de ce qui se passait, demeurait planté devant lui, le regard luisant de curiosité.

—Allez, dit Robert, laissez-moi.

—Monsieur n’a besoin de rien? demanda le valet.

—De rien. S’il me faut quelque chose, je sonnerai.