Elle répondit, exaspérée:
—Je comprends ça.
—D’ailleurs, fit-il avec résignation, rien ne nous empêchera, n’est-ce pas? de continuer cet entretien dans la pièce à côté.
Tout en parlant, il se leva, et, comme diversion, se mit à jouer avec Hirsow, le chien danois, qui, après avoir déjeuné à la cuisine, venait de se faire rouvrir par Estelle la porte de la salle à manger.
—Allons, Hirsow, saute là, mon vieux camarade! ordonna-t-il en désignant ses épaules.
Hirsow se dressa, et lui posa vers le haut de la poitrine deux pattes puissantes. Vincent, bien qu’arc-bouté pour le recevoir, fit un pas de recul. Et le chien, qui maintenant dépassait en hauteur le jeune homme, inclinait vers lui sa tête formidable, la gueule entr’ouverte par un halètement de joie.
—Assez, Hirsow, tu es trop lourd. Mais, voyez, Sabine, comme ce chien est content de me revoir... Oui, mon vieux... assez... oui, c’est bien, reprit-il, tandis que l’animal se frôlait contre lui avec des petits cris extasiés. Cela me fait vraiment plaisir.
—Vincent, reprit Sabine en allumant une cigarette russe, vous avez beau ne pas vouloir m’entendre, il y a cependant une chose que je veux absolument vous dire.
—Dites, mon amie, fit-il avec un soupir. Et il s’enfonça dans une bergère, auprès de la petite table portant le plateau du café, dans un angle de cette serre, qui élargissait l’atelier, et qu’au dehors un jardinet muré de lierre isolait de tout voisinage.—Ah! le joli coin! murmura-t-il encore. Quel goût vous avez, Sabine!
C’était une suprême tentative. Elle demeura inutile. Et l’inévitable scène commença.