—Eh bien, non, c’est vrai... Je ne plaisantais pas... Mais je voulais te taquiner, me venger un peu... Car tu m’avais poussé à bout.

—Moi?... Comment?... fit-elle avec la plus sincère surprise. En te disant que je t’aimais pour toi-même, que je ne voulais pas de ta fortune?...

Il n’insista pas. D’abord parce que c’était inutile; puis parce qu’il pensait à autre chose. En ce moment, Sabine, appuyée contre sa poitrine, semblait revenir à la vie, à la jeunesse, à la douceur et au sourire, dans son étreinte. Ses propres nerfs d’homme secoués par le bouleversement de cette nature féminine, par les pleurs de ces beaux yeux, par les caresses, commençaient à pressentir la saveur aiguë de volupté qui, souvent, s’était, pour eux, dégagée de pareilles scènes. Il pressa donc silencieusement et plus étroitement la jeune femme sur son cœur. Elle frissonna tout entière, poussa un soupir; puis, se dégageant:

—Les yeux me brûlent, dit-elle. Je voudrais les baigner d’eau fraîche.

Et, traversant l’atelier, elle alla soulever la portière qui voilait l’entrée de son boudoir.

Vincent la suivit.