—Mon Dieu! vous ne m’avez donc jamais vue ainsi?... C’est mon costume de travail. Avec tout ce gâchis de couleurs, nous sommes presque forcées, nous autres femmes...
Vincent remarqua:
—C’est pour cela que vous l’avez pris blanc?
—Et puis, ajouta-t-elle, c’est plus original. Rosa Bonheur s’habille en homme... même pour sortir dans la rue... Oui, elle se promène en blouse.
—Prenez cette tenue-là pour travailler, tant que vous voudrez, dit M. de Villenoise. Mais, je vous en prie, pas devant moi. Cela me déplaît prodigieusement. C’est tout simplement horrible.
Elle sentit qu’il était sincère, malgré l’inexactitude et la forme désobligeante du jugement. Aussi, comme elle craignait par-dessus tout de lui déplaire, elle eût probablement relégué au plus vite et pour jamais ses vêtements d’homme dans une armoire, s’il n’eût cru devoir poursuivre:
—D’ailleurs, je vous le répète, je ne comprends pas que vous songiez à vous laisser voir par des étrangers sous une mascarade pareille. C’est tout ce qu’il y a de plus inconvenant, et, pour une femme seule, comme vous êtes...
—A qui la faute si je suis seule? repartit Sabine.
—Peu importe... Vous l’êtes. Et si vous ne voulez pas qu’on vous manque de respect...
—Dites donc, mon cher! cria Sabine en croisant les bras sur son plastron empesé. C’est vous qui osez parler du respect qu’on me doit? Et qui donc m’a fait perdre celui de tout le monde?... Ah! cela vous rend jaloux qu’on me voie dans ce costume! Dites-le donc franchement, au lieu de me faire une morale déplacée.