Dans l’atelier, derrière lui, un grand silence inquiétant. Puis, tout à coup, comme il touchait la portière, un cri aigu, un nom clamé comme par la détresse d’un être en danger de mort:
—Vincent!...
Il se retourna. Follement Sabine s’élançait vers une table, saisissait un objet, l’approchait de sa tempe. Vincent vit un éclair de métal, puis il entendit un bruit sec. Du pouce elle venait d’armer son petit revolver, un de ces bibelots garçonniers dont elle s’entourait depuis quelque temps.
—Si tu sors... je me tue!
Elle l’aurait fait. La surexcitation de ses nerfs eût crispé son doigt sur la détente.
M. de Villenoise revint d’un seul bond, lui tourna la main pour diriger le canon en l’air, puis, détachant de force les doigts serrés, lui enleva l’arme. Tout de suite après, une émotion rétrospective amollit les membres du jeune homme. Il pâlit. Et Sabine, dont il maintenait encore le poignet, sentit sa paume devenir humide et froide.
—Ah! gémit-elle, tu m’aimes donc encore un peu!
Elle se jeta sur sa poitrine, l’étreignit à pleins bras, baisa son visage, ses mains, le drap de son habit.
—Vincent, pardonne-moi!... Je suis une misérable, je te rends malheureux. Mais je t’aime... Ah! je t’aime... Et je souffre!...