Déjà, il y avait de la haine dans l’accent avec lequel M. de Villenoise prononçait le nom de cet inconnu.

—Beaucoup, répondit Robert. Il ne lui déplaît pas comme homme, mais elle prétend qu’elle ne pourrait le souffrir comme mari.

—De Bréville... répéta Vincent d’une voix changée. Mais je connais ce nom-là!

—Tu l’auras lu dans les journaux, reprit Dalgrand. Ou tu auras rencontré ces messieurs dans le monde.

—Ces messieurs?... Ils sont plusieurs frères?...

—Non, le vicomte est fils unique. Mais il y a son père, le comte de Bréville.

—Ah!... cria Vincent, qui porta la main à son front, comme sous l’éclair d’un souvenir ou sous le choc d’une douleur.

—Eh bien, qu’est-ce qui te prend? dit son ami.

—Rien... Rien... Je croyais me rappeler... Mais je me trompe... oui, je me trompe. Je ne les connais pas du tout, ces de Bréville.

Robert le considéra avec inquiétude. Décidément, M. de Villenoise était plus compliqué qu’il ne l’avait cru. Quelque chose se passait en lui qui échappait à la perspicacité élémentaire de Dalgrand. Mais ce quelque chose allait-il compromettre la paix ou le bonheur de Gilberte? Non, par exemple! Il y mettrait bon ordre, lui, Robert. Il ne laisserait pas son meilleur ami même faire le moindre chagrin à la chère petite sœur!