—Oh! c’est fini, tout à fait fini, puisque vous voilà.

Mais, comme il ne l’embrassait pas, et qu’elle lui trouvait des yeux froids et singuliers, elle eut aux lèvres un nouveau tremblement d’angoisse.

Cependant, M. de Villenoise se tendait de plus en plus contre elle, à cause du supplice qu’elle infligeait à sa propre sensibilité. Pour échapper à un conflit de sentiments qui devenait intolérable, il chercha tout de suite le prétexte d’une explication. Dans l’espoir de découvrir et de deviner le portrait de femme commandé par le comte de Bréville, il se mit à parcourir l’atelier, soulevant les draperies qui recouvraient certaines toiles, feuilletant les cartons remplis d’ébauches. D’abord, il affecta des gestes indifférents, tout en causant de choses et d’autres, mais bientôt il s’activa si sérieusement que Sabine en fit la remarque.

—Vous cherchez quelque chose, mon ami? Attendez qu’on apporte de la lumière. Je suis sûre que vous ne distinguez plus une académie d’une nature morte.

Il ne répondait pas. Elle insista:

—Dites-moi ce que vous voulez, Vincent? Je vous le donnerai.

Brusquement, il déclara:

—Je cherche la maîtresse du comte de Bréville. Auriez-vous déjà livré le portrait?

—Le portrait?... Mais je ne l’ai pas fait!

—Tiens! Pourquoi?