—Son fils?... Je ne savais pas qu’il en eût un.
Comme aucune parole de M. de Villenoise ne passait inaperçue pour Sabine, elle reprit avec intérêt:
—Qu’est-ce que ce fils? Pourquoi m’en parlez-vous?
Il détourna son attention—d’une façon qu’elle remarqua encore—et il ajouta:
—Mais c’est un gros sacrifice que vous avez fait à ma susceptibilité en refusant ce portrait! Vous me mettez dans un grand embarras, ma chère Sabine. Comment puis-je reconnaître?...
Elle s’écria: «Oh!...» avec une intonation de reproche. Puis elle courut à lui, l’entoura de ses bras, mit son visage sous les lèvres du jeune homme, et murmura:
—Dis-moi seulement que tu es content!
Pouvait-il ne pas incliner la tête et ne pas donner ce baiser qu’elle attendait en récompense?...
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Ainsi se terminait la scène qu’il avait provoquée, l’explication qui devait amener quelque violence, lui fournir un prétexte de rupture!... Mais aussi, c’était une fatalité! Cette femme, dont les fureurs le lassaient autrefois, avait toutes les humilités, toutes les délicatesses, lorsque, précisément, il souhaitait que cette nature emportée surexcitât son propre courage jusqu’au déchirement de la séparation. Pourquoi donc était-elle si complexe? Physiquement aussi, elle se transformait suivant les heures. Dans cette soirée, où il l’avait d’abord trouvée vieillie, fanée, lorsqu’il l’examinait de son regard dur, il la vit si bien se transfigurer dans la joie, sous son désir réveillé, sous sa caresse, qu’il en fut repris jusqu’à l’enivrement.