—Oh! dit-il, je suis sûr que tu pars pour tout à fait, que tu ne reviendras pas!

Sa mère eut de la peine à le rassurer. Mais le petit malade s'excitait, devenait nerveux:

—J'ai peur ici, dans cette infirmerie! criait-il. Elle est affreuse, cette infirmerie! Je veux être malade chez nous, dans ma jolie chambre.

—Tu y seras bientôt, mon amour.

—Mais, reprit le petit—saisi d'une de ces idées baroques comme il en passe dans la tête des enfants,—si je prenais froid, tu as dit, mère?... je serais très malade?

—Oh! très malade, mon pauvre chéri!

—Et alors, si j'étais très, très malade, tu me ramènerais chez nous?...

—Ne parle pas comme cela, mon fils adoré. Maman aurait trop de chagrin si son petit garçon devenait très malade.

Cependant Hugues paraissait calmé, alourdi même, prêt à dormir. Et sa mère, enfin, se retira sur la pointe des pieds, avec l'assurance que l'infirmière veillerait, ne s'absenterait pas une seule minute.

La nuit fut très bonne. Hugues sommeilla presque tout le temps, d'une respiration égale, son joli visage déjà moins empourpré, son front moins brûlant sous les boucles de ses cheveux tout humides de sueur. L'infirmière le couvrit beaucoup, parce que cette transpiration devait être salutaire, et, le voyant si tranquille, vers cinq heures du matin, elle s'étendit sur la couchette voisine, se laissa gagner par le sommeil.