Elle ne reposait pas depuis une demi-heure lorsqu'un bruit la réveilla. Vivement dressée sur son séant, elle ne vit plus le petit Mervil. Le lit de l'enfant était découvert et vide. En même temps, elle sentit une fraîcheur; et, dans sa surprise et son émotion, elle ne prit pas tout de suite conscience de ce qui se passait. Mais quelques secondes plus tard, elle distinguait une croisée ouverte, puis, dans l'embrasure où pâlissait l'aube, une grêle forme blanche...
Quelques heures plus tard, lorsque Simone, d'un pas vif, entra dans l'infirmerie et courut au lit de son fils, elle fut arrêtée, à mi-chemin, par un spectacle qui lui glaça le cœur. L'enfant, dressé à demi, malgré les efforts de l'infirmière et du médecin, s'agitait, délirait, les joues en flamme, ses beaux yeux grands ouverts et fous.
—Oh! mère, mère, te voilà!... Nous allons partir... Vite, qu'on m'habille!... Nous allons à Paris. Nous allons voir papa et Paulette... ma Lélette qui jouera au tennis avec moi. Et tu sais... on m'avait dit des blagues... Un refroidissement, ça ne rend pas plus malade... Ça guérit. Je me suis refroidi... j'ai ouvert la fenêtre... pour que je sois très mal et qu'on m'emporte chez nous. Et voilà, au contraire, je suis guéri... je suis guéri...
Il répétait, d'un air joyeux et malin:
—J'ai ouvert la fenêtre!... j'ai ouvert la fenêtre!...
—Comment, la fenêtre?... demanda Simone, dont les jambes tremblaient.
—Taisez-vous, monsieur Mervil... murmurait l'infirmière.
—Oui, reprenait Hugues, la fenêtre... Et il faisait frais... C'était bon! Et maintenant, je suis guéri, je suis guéri!...