—Ah! mon cher, si tu savais! Le croup, rien que cela... J'ai eu une peur! Elle se plaignait d'une gêne dans la gorge...

—Est-ce qu'elle n'a pas passé l'âge du croup? Elle a huit ans, Paulette.

—Il n'y a pas d'âge. On l'attrape toujours. Ah! puis, tu sais, quand on a peur... Mais j'oublie de te remercier... Tu as lâché ton bal pour ramener Simone, tu es accouru tout de suite... C'est gentil comme tout de ta part! Et je suis sûr que tu nous as sacrifié quelque flirtation.

—Mais non, mais non, dit Jean, qui se sentit rougir. C'était tout naturel. Allons, eh bien, mon vieux, j'espère que ça ira bien. A un de ces jours. Au revoir.


Quand Mervil remonta, il fut surpris de trouver Paulette en larmes, et Simone, qui, debout près du petit lit, toute droite et très pâle, regardait pleurer l'enfant sans essayer de la consoler.

—Mais qu'est-ce qu'elle a? dit-il. Elle va se faire du mal. Qu'est-ce que tu lui as dit?

—Moi?... Rien, fit Simone d'un air sombre. Tu as bien vu tout à l'heure qu'elle a fondu en larmes dès que je suis entrée.

—Comment! elle pleure ainsi depuis ce moment-là? Mais qu'est-ce que cela veut dire? Qu'est-ce que tu as, ma petite Paulette? Voyons, dis-le à ton petit père?...

Mervil se penchait sur le lit, entourait de ses bras le buste de sa fillette, écartait les menottes qui s'obstinaient devant le visage fiévreux, devant les yeux rougis.