— « D’Orlhac !…
— Ah ! Sérénis… Comme ça tombe !… » s’écria le secrétaire d’ambassade.
— « Ça tombe si bien que ça ?… » sourit Ogier en lui serrant la main.
— « Parbleu, oui ! Je vais donc satisfaire un caprice de jeune fille, qui nous a empoisonné notre dîner.
— C’est une Brinvilliers, votre jeune personne ?
— Mais non… Je veux dire que sa fantaisie a glacé tout entrain. C’est une charmante fille, gaie jusqu’à l’extravagance. Eh bien, elle n’a plus dit un mot et n’a cessé de regarder vers l’intérieur, à partir du moment où vous êtes entré avec Prémor. Quand elle a su que nous sommes amis, ne me demandait-elle pas d’aller vous chercher.
— Bien élevée, la demoiselle !
— Dites « pas élevée » du tout. Elle a traversé quelques pensionnats de France, et revient d’Amérique, où son père a fait une fortune. Vous avez dû entendre parler de Mériel… Le Trust de la publicité… Vous savez bien ?
— Mais non.
— Ce Mériel est un individu doué d’une imagination du diable. Après avoir raté beaucoup d’entreprises en France, il a fondé en Amérique le Trust de la publicité… Une idée géniale… Impossible de faire paraître une annonce dans un journal ou de coller une affiche sur un mur sans s’adresser à son Trust. Et comme on abuse plutôt outre-Océan de la réclame, le monsieur a gagné des millions.