— Vous avoir pardonné ?… » répétait-il. « Mais quoi donc ?… »
Presque inquiet, rapportant tout à une seule pensée, il se demandait si elle n’allait pas lui présenter des excuses pour l’avoir tant gêné jadis dans un bonheur si vite évanoui. Le sourire mystérieux de Toquette accentuait cette crainte.
— « Vous étiez si fâché, » reprit-elle, « le dernier jour !… avant que je parte pour la pension… parce que je vous avais surpris en vous jetant des roses. »
Ah ! le banc de la Martaude… L’attente ravie… La silhouette juvénile dans la simple robe blanche, sous le canotier de paille, qui passa la grille et remonta l’allée !… Comme elle était songeuse, la douce Nicole !… Que pensait-elle à ce moment-là ?…
— « Comment, mademoiselle !… J’ai eu le mauvais goût de me fâcher parce que vous me jetiez des roses ?… Vous n’avez pas fait serment de ne plus recommencer, j’espère ?… »
Toquette coula vers lui un regard intrigué. Elle percevait l’intonation factice, devinait l’esprit ailleurs.
— « Avec les mêmes roses ? » demanda-t-elle. « Je m’en garderais bien. Elles voleraient en miettes, les pauvres.
— Puis il faudrait d’abord les retrouver, » dit-il machinalement.
— « Les retrouver !… Je vous les montrerai, si vous ne leur avez pas trop gardé rancune.
— Où donc ? » fit-il, commençant à s’intéresser.