— « Eh bien, Fanny… Est-ce que je vous fais peur ?… »

La jeune couturière s’approcha aussitôt.

— « Non, madame, » répondit-elle, avec une crispation des traits, montrant le passage de l’appréhension à l’embarras, dans une ébauche convulsive de sourire.

« Allons, » pensa son interlocutrice, « elle vient sans doute de dire au revoir à quelque amoureux, et elle craint que je ne l’aie vue. »

Dans l’amollissement de sa propre faiblesse, elle se sentit pleine d’indulgence.

— « Voyons, Fanny, ne soyez pas ainsi gênée avec moi. Nous n’avons jamais pensé, à la Martaude, vous rendre responsable des extravagances de votre père, et nous savons parfaitement que vous en avez eu beaucoup de chagrin. Je vous garde autant d’affection que par le passé, ma bonne petite. »

Bienveillante, elle avançait vers Fanny, debout auprès du marchepied, son aimable visage, que l’arrière-pensée de sympathie dans le mystère d’amour faisait plus engageant encore que ses paroles.

— « Je le sais… Je vous en suis bien obligée, madame… » dit la jeune fille, dont la confusion ne se dissipait point.

— « Êtes-vous contente ?… Le travail marche-t-il ?… » questionna Mme Hardibert.

— « Oui, vraiment bien. Je n’ai pas à me plaindre.