Nicole tressaillit, pâlit. Mais, ne s’expliquant pas l’émotion de la domestique, elle dit sèchement :

— « Eh bien ?…

— Madame ne se doute donc pas du temps qu’il fait ?… Et Mademoiselle n’a pas trouvé de voiture à la gare !…

— Priez-la de monter. C’est ici qu’elle aura le plus chaud. »

Machinalement, pendant la minute qui suivit, Nicole arrangea le feu, le fit flamber, y ajouta des bûches. Ses mains frémissaient. Son cœur bondissant arrêtait le souffle dans sa poitrine.

— « Marraine !… »

La grande fille impulsive et franche, décidée et puérile, se jetait dans ses bras, plongeait le visage entre sa joue et son épaule, et répétait le mot d’appel dans une espèce de sanglot qui la secouait toute :

— « Marraine !… »

La confiance, l’abandon sincère, le jaillissement tumultueux d’une jeune douleur, émanaient de l’élan, de la voix, de l’étreinte, de toute la fougue immobilisée du souple corps que Nicole sentait trembler contre le sien. Elle fut bouleversée. Que signifiait cela ?… Et qu’est-ce qui allait suivre ?…

Mais ses mains, errant dans une caresse vague sur la jaquette de drap, rencontrèrent des places ruisselantes.