— « Ah !… »
Mme Hardibert reprit vivement :
— « L’histoire est tout à l’honneur de Mériel, je vous assure. Il reconnut l’enfant, dont Raoul consentit à être le parrain. Il voulait épouser la mère, qu’il adorait. C’est elle qui refusa, parce qu’il manquait de fortune.
— Qu’est-elle devenue ?
— Elle a été tuée, la malheureuse, dans un accès de jalousie, par le prince hongrois, très riche, qu’elle avait préféré à Mériel. C’était, paraît-il, une fort belle et fort spirituelle créature.
— Sa fille semble détenir plus de son esprit que de sa beauté.
— Hé !… Toquette sera jolie, d’une physionomie très piquante, originale, à coup sûr, avec ses beaux cheveux roux ondés, ses yeux d’or sombre et son teint éclatant. Attendez seulement que les traits s’allongent et que les taches de rousseur se débrouillent. »
La gravité pensive d’Ogier s’anima presque jusqu’au rire :
— « Halte-là ! Je n’attends rien de ce genre. Ce m’est tout à fait indifférent. » Puis retombant au sourire bridé de doute : « Ce que je souhaite, c’est qu’une douleur ne vous vienne jamais par cette fillette, que vous aimez. »