Une émotion indicible avait anéanti la jeune femme, lui laissant à peine la force de répondre à ceux qui l’interpellaient d’en bas. Et voilà que son saisissement pressenti, le son étrange de sa voix, faisaient accourir Hardibert, au moment où, dans la surprise d’une telle aventure, Ogier pressait sur sa poitrine cette forme palpitante, initiée pour la première fois au fougueux emportement de la passion.
— « De grâce !… laissez-moi !… » gémit-elle, mourante d’effroi et d’un délice inconnu.
— « Vous reviendrez… » supplia-t-il dans un souffle, avec un accent qui la bouleversa. « Je vous attendrai ici toute la nuit… Promettez-le… Vous voyez bien que je suis fou !… »
L’imprudence inouïe de lui parler, dans un instant pareil, avec le mari tout proche, et parmi le silence sonore du soir, la flamme de ses yeux perçant l’obscurité, disaient assez sa folie, en effet. Nicole, défaillante d’angoisse, promit, pour mettre fin à un dialogue si périlleux.
— « Oui… oui… je reviendrai… tout à l’heure.
— Jurez !…
— Je le jure !… »
Il détacha ses mains ardentes. Mme Hardibert bondit dans l’allée. Il était temps.
— « Où avais-tu passé ?… J’étais vraiment inquiet, » dit Raoul.
Elle eut, malgré la suffocation, le cœur en tumulte, assez d’astuce féminine pour répondre :