— « Explique-toi, mon ami, » dit-elle.
— « As-tu du courage, mon petit Niclou ? Es-tu une vaillante petite femme ?…
— Cela signifie ?… »
Il ne pouvait la voir pâlir, mais il perçut l’altération de cette douce voix.
— « Je t’effraie… Moi qui aurais voulu te faire l’existence si sûre ! Mais j’ai une décision à prendre, que je ne veux point, que je ne peux point assumer tout seul. »
Elle s’étonna. Il avait si peu l’habitude de la consulter ! Et elle en fit l’observation.
— « C’est peut-être mon tort, » dit Raoul.
Est-ce lui qui parlait ?… Vraiment, devant cette attitude, une vague anxiété pénétrait Nicole. Elle, qui souhaitait une diversion à son entraînante aventure, une contrainte à son affolement, n’allait-elle pas rencontrer plus qu’elle ne cherchait ? L’inquiétude, la curiosité, la rendirent attentive.
— « C’est, » reprit Hardibert, « qu’il s’agit de ton avenir autant que du mien, de ta fortune autant que de la mienne. C’est surtout qu’il s’agit de la Martaude, l’œuvre de ton père, et de toute cette brave population de travailleurs, son legs le plus sacré.
— Notre avenir… notre fortune… la Martaude ?