—«Vous souffrez?» répéta Xavière. «C’est à cause de Jacques?...

—A moins que ce ne soit à cause de vous.»

Il appuya dans ses yeux un regard de force, de colère et de chagrin. Elle reçut ce regard comme une offrande magique et fatale. Pour rien au monde elle n’eût souhaité quelque chose de moins poignant, de lui à elle, en ce matin d’automne, où toute la Nature penchait vers elle une face inconnue. Cependant elle n’était qu’une très jeune fille, et son cœur sautait d’appréhension.

—«Xavière,» prononça Clément, «vous savez bien que mon frère est arrêté?»

Elle inclina la tête, légèrement, vaguement—comme par répugnance devant un sujet interdit.

—«Et vous savez sous quel prétexte?... Vous savez le seul doute qui maintient l’horrible inculpation?

—Non ...» formulèrent deux lèvres tremblantes.

—«Comment?... Cela ne vous touche pas?... Vous ne vous informez pas?... Vous le croyez donc criminel?...»

Elle protesta, avec un élan de tout son être. Mais, elle comprenait mal ... Jacques avait donc été convoqué autrement que comme témoin?... Elle ne pouvait pas croire ... Ses yeux se remplirent de larmes, tandis qu’elle ajoutait:

—«Ma mère ne veut pas recevoir de journaux. Elle me défend de lire ceux qui me tomberaient sous les yeux. Et ce que les gens racontent ... nous ne l’écoutons pas.