(«Ah! qu’il est anxieux pour Jacques!...» pensa-t-elle. «Quel accent!...»)

Alors elle balbutia:

—«Toute la nuit.»

Les mains contre son visage, elle voulut fuir. Mais son bras fut saisi, doucement:

—«Chère petite ... Pardon ... Une minute encore ...»

L’intonation rassurante, apaisée, fraternelle, lui enveloppa toute l’âme, la contraignit de s’arrêter, de se tourner.

Elle le regarda.

Ce n’était plus l’homme étrangement bouleversé de tout à l’heure, le Clément imprévu, qui laissait transparaître de lui-même certaines profondeurs violentes et pleines de trouble. Et, sans doute, ce n’était pas non plus, bien qu’il lui ressemblât, le Clément de toujours, avec son énergie tranquille, son air d’habiter à l’aise dans la forteresse de sa volonté, de dédaigner les embuscades des sentiments. Un calme absolu masquait sa face, affermissait sa main sur le bras de Xavière, replaçait sa voix au registre habituel. Pourtant quelque chose n’était plus comme avant. Moins distant de la jeune fille, il lui sembla plus étranger. Elle distingua l’effort qu’il faisait pour lui parler d’une façon naturelle, cordiale:

«C’est son mépris qu’il dissimule,» se dit-elle. Jamais elle n’aurait supposé qu’une souffrance morale pût déchirer comme cette idée la déchirait. Elle avait hâte d’être seule pour gémir, pour crier.

Cependant Fontès lui disait des choses de bienveillance et de douceur: