—«Vous êtes une vaillante enfant, Xavière. C’est courageux, c’est généreux à vous, d’avoir parlé. Jacques, voyez-vous, n’aurait jamais dit un mot. J’en suis fier pour lui. Son attitude rachète beaucoup de fautes. Quant à vous, c’est votre franchise qui vous garantit toute estime. Ne croyez pas que je vous juge mal. Vous étiez sans défense, dans cette solitude, avec une maman que vous protégez plus qu’elle ne vous protège. Mon frère est un terrible garçon. Je parierais qu’il a tout à se reprocher. Vous n’avez pas besoin de me dire qu’il vous a surprise, contrainte peut-être, par quelque extravagance ...»
Xavière n’eut pas un mot, pas un geste.
—«Mais vous pouvez vous fier à sa loyauté. Il vous en donne une preuve en acceptant tous les risques,—et quels risques!—plutôt que de vous compromettre. Pour moi, Xavière, je vous considère comme ma sœur, à partir de cet instant.»
Elle dit seulement:
—«Comment dois-je m’y prendre pour que les magistrats mettent Jacques en liberté?»
Fontès lui conseilla d’envoyer une demande d’audience au juge d’instruction, qui la convoquerait.
—«Le plus tôt sera le mieux,» ajouta-t-il. «La presse a encore très peu parlé de cette affaire, qui n’intéresse guère l’opinion ... Le juge vous gardera le secret dans la mesure du possible ... Tout cela sera vite effacé, oublié ... Puis votre prompt mariage avec Jacques ...»
Xavière l’interrompit.
—«Et si le juge ne me croit pas?...» demanda-t-elle.
—«Comment?... Pourrait-il imaginer qu’une jeune fille s’accusât?...