—Ça vous a changé un peu.
—Mauvais drôle!...» proféra le vieillard avec indulgence. «Écoutez, Jacques, je l’avoue, je me demandais ce que vous étiez au fond, si cette vie absurde ne vous empoisonnait pas ... Et si, moi, je n’avais pas une responsabilité ...
—Quelle sollicitude!
—Oh! non ... De l’égoïsme. Ce n’est pas pour vous ... que je pensais à vous. Mais pour ...
—Qui donc?
—La petite fleur sauvage ... là-haut ... la pauvre petite Xavière. J’avais lu les journaux du soir ...»
Il y eut un silence. Quelque chose de poignant avait passé. Un tremblement dans cette voix de vieux fêtard, cette voix toujours montée à un diapason de joie factice, toujours claironnante et sans fêlure, cette voix plus faite et plus tendue que la physionomie, pour masquer les sombres secrets de l’usure et de la cendre intérieure.
—«Ah!... Eh bien, quoi?... Xavière?» prononça le jeune Fontès qui,—enfin,—cette fois, parut troublé.
—«Je n’ai guère le droit de m’occuper d’elle,» poursuivit Pascal, avec une humilité à laquelle Jacques se trompa: «Je suis un bien vieux hibou pour battre des ailes auprès de cette fauvette. Mais c’est la petite-fille de ma sœur. Et je l’aime, cette enfant, plus que je ne peux le montrer. Je la voudrais heureuse.
—Pourquoi ne le serait-elle pas?