Un homme s’avançait en boitillant. Un ancien carrier, qui, pris sous un éboulis de meulière et resté infirme, s’était fait le «barbaud,» c’est-à-dire le domestique, le cantinier, des compagnons.

—«Tu reviens à c’t’heure!... Le ménage n’est pas fini dans ta cambuse,» dit-il à Marcel.

Celui-ci venait de passer sur son visage son mouchoir mouillé à la pompe. Fontès put le voir rougir.

—«Qu’est-ce que ça fait, mon vieux?» s’écria l’architecte.

—«C’est que ...»

Ils se trouvaient au seuil d’une des masures. Le geste de Barbery vers l’intérieur montra deux lits en désordre dans la pitoyable chambre. Il partageait ce réduit avec un camarade, et il appréhendait, non sans raison, la répugnance de Fontès.

Celui-ci ne put contenir un mouvement de recul. L’odeur fauve qui s’exhalait des vieux bois, des vieux vêtements, des literies misérables, était, certes, moins âcre que celle d’une cage de ménagerie, et cependant elle révoltait davantage des nerfs humains, parce que c’était une odeur humaine.

—«Tu peux dormir là dedans, mon pauvre Marcel?... Toi que Louisette dorlotait ... Je me souviens ... Votre chambre ... Quelle propreté merveilleuse!... Et cela sentait bon ... Un mélange de cire d’abeilles, d’iris et de farine ...

—Cela sent meilleur, là où elle est maintenant, ma Louisette ... Et je voudrais partager ce parfum-là avec elle ...»

Réponse atroce de sincérité. Fontès en frémit.