—Ah! j'en étais sûr, dit-il d'un air moqueur, quelle femme résisterait au récit d'une belle bataille?
Il avait voulu taquiner sa sœur, et il est certain qu'elle se fâcha un peu.
—Je t'en prie, Émile, ne dis pas comme cela «les femmes». Quand vous avez prononcé ce mot, vous autres jeunes gens, vous vous croyez bien grands garçons: ce n'est pas gentil.
—Mais qu'ai-je dit d'offensant? C'est très joli à vous d'admirer le courage.
—Le courage ne se trouve pas nécessairement et exclusivement dans la doublure d'un uniforme. Il existe aussi sous une redingote ou une blouse, voire même sous une robe de mousseline.
—Bravo, petite! s'écria M. Duriez.
—Gabrielle pose pour les idées larges, déclara Émile.
La jeune fille fut bien tentée de répondre: Cela vaut mieux que de poser pour une coupe d'habits ou pour une coiffure; mais elle se mordit les lèvres et fit une variante:
—J'aime mieux cela que de poser pour la toilette, dit-elle.
—Tu as tort, ma chère: c'est bien plus ridicule, surtout pour une femme.