—Hier, ajouta le pauvre homme en pâlissant, je l'ai trouvé occupé à examiner et à charger des pistolets.

—Où est-il? où est-il? s'écria la marquise en se levant aussitôt.

—Dans sa chambre à coucher, madame la marquise; il ne bouge plus de cette pièce maintenant.

Madame de Saint-Villiers traversa l'appartement, et, sans se faire annoncer, sans frapper même, entra chez son neveu.

C'était la chambre gothique. Le jour s'y adoucissait en passant par les vitraux. René était assis au milieu, devant une table sur laquelle se trouvaient beaucoup de papiers et quelques armes; ainsi que l'avait annoncé le domestique, il écrivait.

Il se leva dès qu'il aperçut sa tante. Celle-ci marcha droit à lui et lui prit les mains sans rien dire; elle avait des larmes dans les yeux.

—Qu'avez-vous?.. ma chère tante... dit René d'un ton qu'il voulait rendre naturel et qui n'était qu'embarrassé.

La vieille dame l'entraîna tendrement vers un sofa, où tous deux s'assirent.

—Mon cher enfant, dit-elle, ne me cachez rien. Tant que vous avez été gai, étourdi, joyeux, votre vieille tante ne vous a pas beaucoup gêné, n'est-ce pas? Mais vous souffrez, c'est différent. Ne croyez pas qu'elle vous laisse tranquille tant qu'elle ne saura pas ce qui vous rend malheureux... ce qui vous fait songer à mourir...

—Ma tante!