—Oui, j'ai pensé comme cela aussi, reprit René avec amertume. Cet amour me réhabilitait à mes propres yeux. Qu'il fût partagé, et alors titre, fortune, calculs d'intérêt, que signifiait tout cela? Vous auriez véritablement uni deux cœurs.
—Eh bien? dit la marquise.
—Gabrielle ne m'aime pas, ma tante. C'est le capitaine Ernest Arnauld qu'elle aime.
—Par exemple! s'écria la marquise. Cet étourneau, ce fat?.. Allons donc! Et moi, je vous déclare qu'elle vous aime, mon neveu. Je le sais mieux que personne peut-être.
René ne put s'empêcher de sourire.
—Chère tante, fit-il, je suis fâché de vous ôter vos illusions, mais je dois vous dire que je me suis battu avec cet Arnauld; j'ai failli le tuer. Je le savais épris de mademoiselle Duriez, mais je ne pensais pas... Enfin elle m'a fait comprendre que je suis à ses yeux un assassin, un monstre...
—Elle!
—Elle-même. Ah! je vous assure qu'il lui était impossible de s'exprimer plus clairement.
—Mon Dieu, mon Dieu! gémit la marquise.
Elle réfléchit un instant, puis elle reprit: