—Mon vieux François, fit-il, mon bon vieil ami! rassure-toi: je n'ai besoin de rien et je ne cours aucun danger. Tout à l'heure, je te demanderai tes services et je m'adresserai à ton dévouement.
En quittant la maison, il se rendit tout droit chez sa tante.
Madame de Saint-Villiers fit un cri de joie en l'apercevant. Malgré la parole qu'il lui avait donnée, elle craignait tout du découragement profond où elle avait vu le jeune homme; la lettre qu'elle lui avait écrite ne portait pas non plus de consolation bien efficace. Depuis le départ de cette lettre, elle en retournait avec angoisse toutes les phrases dans sa tête, craignant de s'être mal exprimée, d'avoir laissé trop peu d'espoir et poussé à l'excès le chagrin de son neveu.
Elle était étendue sur une chaise longue dans son petit salon. René s'assit en face d'elle.
—Eh bien, dit la marquise, que faire?
Comme elle allait reprendre et répéter mot pour mot tout ce qui s'était passé entre elle et sa filleule, René l'arrêta doucement.
—Ce n'est pas nécessaire, fit-il, j'ai compris.
—Quoi donc?
—J'ai compris que mademoiselle Duriez possède un cœur plus grand encore, plus élevé que nous ne pensions l'un et l'autre. Oh! ma tante, comme je l'ai blessé cruellement, ce pauvre cœur! Oui, elle m'a aimé, elle m'aime, la douce, la généreuse créature! et elle a vu cette chose horrible: que je l'épousais pour son argent.
—Oh!