—«Maman Gaël,» dit-il, tout en se dirigeant vers la porte, comme dans la hâte de quitter ce lieu, «ne vous tourmentez plus pour Mathias. J’ai l’emploi de son énergie. Et je puis lui promettre de tels avantages que son goût du plaisir trouvera à se satisfaire. Ce qui vous inquiète en lui sera donc détourné dans un sens qui me sera utile, et où il aura tout à gagner.»

Un vif rayon s’alluma dans les yeux de la vieille Bretonne. Mais, circonspecte par âge et par caractère, elle ne s’enthousiasma pas.

—«Vous ne me dites pas cela par compassion, sans un projet arrêté, monsieur Renaud?

—Mon projet est si bien arrêté que j’étais venu ce matin dans le seul but de parler à Mathias.»

Elle réfléchit.

—«Est-ce dangereux, ce que vous lui proposerez de faire?

—Assez en apparence pour tenter son humeur aventureuse. Mais, en réalité, non.

—Ce sera pour aller loin?

—Très loin.

—Et, naturellement,» dit-elle avec lenteur, «il s’agit d’une entreprise à faire au grand jour, dont un Gaël puisse se charger?»