—Oui ... pourquoi m’avez-vous donné à croire?... Pourquoi vous êtes-vous occupé de moi, si c’est ma cousine que vous aimez?
—Mademoiselle, vous êtes charmante. Je me fusse conduit comme un rustre si j’avais négligé de m’en apercevoir et de vous le dire.
—Moi,» s’écria-t-elle, «je ne supposais pas qu’un galant homme pût parler de la sorte à une jeune fille, sans une intention ...»
Il suggéra:
—«Sérieuse?
—Oui, sérieuse,» déclara-t-elle, en le regardant bravement dans les yeux.
Le bretteur qu’était Gairlance devait goûter la crânerie. Ceci l’intéressa. Plus il observait la joliesse grêle de Françoise et moins il se sentait séduit par cette petite. Mais sa franchise lui parut gentille. La vanité masculine flattée le rendit condescendant.
—«Mademoiselle,» dit-il avec un retour de sa grâce câline, qui fit glisser aux veines de Françoise un étourdissant frisson, «je vous demande pardon si, en voulant amuser votre coquetterie, j’ai effleuré votre cœur. Vous m’en voyez très confus et très fier. Mais que voulez-vous? Je ne puis songer à un mariage sentimental. Je suis pauvre comme un gueux, malgré mon titre de prince, pauvre et gueux comme mon aïeul, le vainqueur de Villingen, avant que son épée nous eût conquis la gloire pour toujours et la fortune pour bien peu de temps.
—Alors,» dit Françoise, «c’est l’héritière de Valcor que vous recherchez en ma cousine?
—Votre logique est effrayante, mademoiselle.