—«Quoi donc?» interrogea celui-ci.

—«Pourtant,» s’écria le prince, «il y a là quelque chose d’impossible. Votre sauvagesse, soit! Le brassard d’écorce, passe encore!... Ça va bien dans la forêt vierge. Mais il a une femme, le marquis. Il a des valets de chambre ...

—Pardon, un seul. Toujours le même. Vous avez vu ce Firmin, dont les cheveux blanchissent. Depuis vingt ans, nul autre n’a vaqué au service intime de Valcor.

—Bon!... Mais porte-t-il toujours un brassard ... en écorce ou toute autre substance?... C’est une plaisanterie!... Si le marquis était tatoué sur le bras gauche, on le saurait.

—Qui?... Sa femme?... Elle l’aimait, en l’épousant. Que ne fait-on pas accepter à une jeune fille ignorante? Il a pu tout lui imposer, même le secret. Firmin? Sait-on à quel prix est payé son silence?... Nous arriverons pourtant à le faire parler, celui-là.

—Mais,» dit Gairlance, «votre Indienne vous a-t-elle décrit ce tatouage? Avez-vous la moindre idée de ce qu’il représente?

—Oui, j’en ai une idée, dégagée avec une peine incroyable des explications de Vamahiré. La figure principale, cependant, demeurait très nette en sa mémoire: c’est un oiseau, aux ailes ouvertes, au corps effilé ...

—Une hirondelle ...» murmura le prince en hochant la tête.

—«De part et d’autre de cet emblème, deux dessins plus petits: l’un, figurant—d’après Vamahiré—deux moitiés de lune posées côte à côte sur une flèche, et le second, un baiser.

—Comment, un baiser?...»