Son seul aspect, la vue de ce jeune visage tiré de haine et dont la grâce fragile s’effaçait sous l’aridité d’anxieuses passions, suspendit l’élan de Marc et inquiéta Renaud.
—«Mon père,» dit Mlle de Plesguen d’une voix acide, «ne m’aviez-vous pas déclaré que, dorénavant, nous n’aurions plus avec les usurpateurs de Valcor que les relations judiciaires?
—Mon enfant,» commença Marc, «ton oncle vient d’éveiller nos ...»
Il n’acheva pas. La grêle strideur d’un rire affecté l’interrompit.
—«Mon oncle?» Qu’est-ce que ce mot? Je n’ai plus d’oncle. Allons, mon pauvre papa ... Le comédien est trop fort pour vous ... Mais n’oubliez pas les preuves que nous possédons.
—Ma petite Françoise!» s’écria douloureusement Renaud, «Est-ce toi qui parles? Quels sont les misérables qui ont abusé de ta candeur? Des preuves? Mais je viens d’en donner à ton père ... On t’a prise au réseau d’une machination affreuse. Enfant imprudente ... Quels sont ceux qui t’égarent de la sorte? Prends garde!»
Elle le dévisagea, frémissante, toutes ses jeunes fibres palpitant d’émotion et aussi d’une vague frayeur. Mais l’amour et la jalousie la soulevaient. Tant pis! elle livrerait la bataille, quitte à mourir si elle devait la perdre.
—«Monsieur,» dit-elle, «si vous ne quittez pas cette maison, c’est moi qui m’en irai. Que mon père choisisse.
—Françoise!»