—Dame!... Un pari, monsieur de Valcor, que si je fouillais dans votre profonde, j’y trouverais un aboyeur ...

—Un revolver ... Parfaitement.

—Ah! ah!... Mais j’ai mieux à vous offrir comme chien de garde.

—Ne faisons pas assaut de politesse,» dit le marquis avec hauteur. «Gardez vos bibelots. Je ne me suis pas armé pour extorquer ce que vous offrez de me vendre, mais par précaution contre un guet-apens possible.

—C’est flatteur.

—Vous allez être rassuré tout de suite,» ajouta Renaud sans relever l’interruption. «Si je souhaite le document que vous prétendez détenir, ce n’est pas que je veuille le faire disparaître. Loin de me compromettre, comme mes adversaires le croient, il me justifie. Je tremble que, s’en avisant, ils ne le suppriment ou ne le détruisent. Je ne veux le recouvrer que pour le faire parvenir intact à la justice. Qu’un témoin subsiste pour déclarer que la pièce a passé par mes mains, cela ne peut donc pas me gêner, au contraire.

—Ah! mais ...» déclara l’autre vivement. «Je n’ai rien à témoigner ... Je ne veux pas être mêlé à vos histoires. Cela ne me regarde pas.

—Soit,» fit tranquillement le marquis. «Je puis me passer de vous mettre en cause, mais je ne crains rien de ce que vous pourriez dire. J’aurai même, sans doute, grand besoin d’un gaillard de votre trempe, un de ces jours, pour une besogne très spéciale. Donc, par quel motif en userais-je mal avec vous? Afin de récupérer cette lettre sans la payer?... Vous voulez rire? Fixez votre prix, mon garçon. Ne vous gênez pas. J’ai de quoi solder l’addition.»

Dans l’ombre, les yeux de l’inconnu s’allumèrent.

—«Ah! c’est différent,» s’écria-t-il d’un ton soumis. «Voilà ce qui s’appelle parler! Vous êtes un fameux zigue. Je suis votre homme, monsieur le marquis.