—Il était chargé par sa maison de venir la verser aux débats de mon procès?
—Pas du tout. C’est un particulier qui le faisait venir. La lettre, il l’avait chipée.
—Pour le compte de qui?
—De personne. C’était là sa finesse, à ce vieux renard. Paraît qu’on lui proposait une somme très forte pour venir simplement déposer contre vous.
—Qui lui proposait cette somme? Un monsieur Marc de Plesguen, n’est-ce pas?
—Mais non. Pas ça du tout.
—Et qui donc?
—Un certain José Escaldas.
—Ah! le gredin ...» murmura Valcor entre ses dents. «C’est lui l’intermédiaire. Je m’en doutais.
—Le seigneur Pabro n’en parlait pas comme d’un intermédiaire, mais comme d’un personnage d’importance. En voilà un, je vous le garantis, qui a une fameuse dent contre vous. Pabro m’a raconté que cet Escaldas machinait votre ruine depuis longtemps. Il y a deux ans, peut-être, il furetait là-bas, en Amérique, pour rassembler un dossier contre vous, des témoignages, tout le bataclan. C’est alors qu’il est venu à la banque Rosalez. Il s’est fait montrer la fameuse lettre. Il en a pris une photographie.