En prononçant ces mots, il jetait un coup d’œil presque répulsif au petit être, qui vagissait et s’agitait dans des langes bien minces mais très propres.
Une jeune ouvrière s’offrit, toute fière de se mêler au drame et de monter dans l’équipage électrique.
Pendant que le gardien de la paix dressait son procès-verbal, et que, sur son interrogation, Renaud répondait bas et vite:—«Marquis de Valcor, rue du Bac,» on étendait sur les coussins du fond de l’automobile Bertrande, toujours sans connaissance.
Le marquis ordonna de fermer le landolet, pour ne pas faire sensation sur son passage, et prit place sur la banquette, en face de l’obligeante personne chargée du poupon. Le valet de pied Albert grimpa sur le siège, et donna l’adresse du docteur à son camarade Simon.
Celui-ci, navré de l’accident, mais sûr d’avoir fait tout ce qui dépendait de lui pour l’éviter, était demeuré à son poste, muet, sauf pour répondre à l’agent, avec son sang-froid de conducteur, qui ne doit jamais quitter sa machine, et son impassibilité de serviteur de grand style.
Il démarra. L’automobile partit, rapide et silencieuse, sur ses énormes pneus.
Derrière elle, demeura le groupe des badauds. Ces gens regardaient s’éloigner la voiture, bouche bée, avec ce léger déboire qu’on éprouve en passant d’un spectacle excitant à la platitude de la vie ordinaire.
Les propos qui prolongèrent un peu la distraction n’étaient plus du mode agressif. Par son émotion visible et sa généreuse attitude, l’écraseur avait presque pris de l’avantage sur l’écrasée.
—«Il est tout de même chic, pour un marquis.