Elle retomba en arrière, comme sous un choc. Un flot rose envahit ses joues, devenues transparentes et minces.

—«Est-ce tout?» demanda-t-elle, comme se parlant à elle-même.

—«Comment, tout?...

—Si je n’avais pas perdu mon père ... Si ma mère n’était pas devenue folle ... après l’hallucination qui le lui avait fait voir, dans la lande ...»

Les yeux dilatés de Bertrande, où semblait passer un peu de l’égarement dont elle parlait, cherchèrent avidement ceux du marquis. Mais Renaud baissa des paupières tressaillantes, et dit avec une tristesse calme:

—«C’est cela que j’appelle les fatalités de ta vie. C’est cela qui me rend indulgent pour toi, ma pauvre Bertrande.»

Elle renversa la tête, et se tordit les mains.

—«Tu souffres!...» s’écria Renaud avec une pitié infinie. «Dis-moi quelles abominables misères t’ont poussée à te précipiter sous les roues de?...»

Il s’arrêta, puis reprit d’une autre voix, d’une voix étranglée d’angoisse:

—«... De ma voiture?... Pourquoi la mienne?... Le savais-tu?... L’as-tu fait exprès?...»