—«C’était mon cabinet de travail, quand j’étais jeune homme,» répondit Valcor. «Je vous l’ai dit cent fois. Micheline—la chérie!—a trouvé là une raison de plus pour en faire son studio.
—Alors,» reprit la marquise d’une voix tremblante, «vous n’avez pas oublié votre cachette?
—Ma cachette!...»
L’expression atterrée de Valcor glaça Laurence. Elle n’était point préparée à voir sur les traits de son mari une pâleur si soudaine et si lugubre, une telle contraction d’effroi.
Il ne fut pas long à se reprendre. Quelques secondes, et ce mâle visage, d’une souriante énergie, redevenait lui-même.
Trop tard!
L’épouse qui, jusque-là, espérait encore on ne sait quelle invraisemblable justification, se sentit glisser jusqu’au fond du doute. Elle demeurait consternée de son succès, éperdue de ce renversement des rôles, elle, la timide, si heureuse à l’ordinaire de plier devant ce souverain esprit.
—«Oui, Renaud,» répéta-t-elle, «votre cachette. Ce réduit si bien célé dans le mur qu’il a fallu la pioche des maçons pour le mettre à jour. Ce réduit contenant votre horrible secret.»
Il fit peser sur elle un regard violent.
—«Vous avez donc osé,» demanda-t-il, «toucher à quelque chose ici sans me prévenir, sans m’appeler?...