—«... Ou nous renoncerons à nous servir de votre science, que nous avons lieu de tenir pour suspecte.»
—«Qu’avez-vous répondu?» demanda le député.
—«Que j’avais expertisé la pièce en toute conscience. Et qu’il était inutile d’attendre un autre travail de moi sur ce document, puisque je ne pouvais y voir que ce que j’y avais déjà vu.
—Bravo, monsieur Baillegean! Et ensuite?
—Ensuite, j’ai pensé que cette histoire intéresserait monsieur le marquis de Valcor, et je suis venu la lui raconter.
—Vous ne le regrettez pas, je parie?» s’écria Pavert avec un gros rire.
—«On ne doit jamais regretter de suivre sa conscience,» riposta l’expert-chimiste avec une dignité falote, qui amusa M. de Valcor lui-même.
—«Eh bien! mon brave Baillegean,» fit le marquis, «puisque votre conscience a été l’alpha de votre discours, trouvez bon qu’elle en soit l’oméga. Vous ne pouvez mieux terminer. Merci d’avoir si nettement exposé les choses. Et maintenant, au revoir. J’ai à causer avec monsieur Pavert.»
Le spécialiste, se voyant congédié, replia sa serviette en moleskine.
—«Un instant,» dit le marquis. «Veuillez nous laisser les pièces de comparaison: le nouveau et l’ancien papier à lettres, la note relative à la modification du filigrane.»