—«Je demande la parole!...»

C’était Eugène Pavert.

Son intervention étonna tellement qu’un silence relatif se produisit.

A la tribune, le ministériel reprenait:

—«Quand un homme arguë une pièce de faux et qu’elle ne l’est pas, n’en peut-on conclure que cette pièce est singulièrement menaçante pour lui? Et quel est alors le faussaire, sinon ...

—Assez!» criait-on. «Pavert! Pavert!»

Car on ne se souciait pas d’un développement prévu. Tandis que chaque parti se demandait, non sans inquiétude, quelle surprise lui réservait l’équilibriste de «l’Extrême-Centre.» Sur qui allait-il frapper? Jusqu’à présent, il s’était montré valcoriste notoire. Allait-il offrir, après le rapport des experts, une éclatante abjuration? Ou ferait-il surgir quelque dessous, favorable, contre toute vraisemblance, au champion des vieux partis? S’il s’obstinait, il pouvait peut-être arrêter la déroute. S’il lâchait Valcor, c’en était fait de cet étrange destin. L’appoint de son groupe consoliderait le bloc de la Gauche contre une Droite ébranlée. L’invalidation devenait certaine. Nul ne croirait plus au marquis. L’aventurier resterait, qui n’aurait alors qu’à disparaître.

Pavert commença.

Pour la première fois de sa vie, il fut bref. Ayant quelque chose à dire, par hasard, il se garda bien de le noyer dans des mots.