Dans une de celles-ci, sa fille Micheline montrait sa beauté pure et fière, qui faisait sensation.
Sa mère, de plus en plus malade, ne l’accompagnait pas. Elle était venue avec une parente âgée, une grande dame, la duchesse de Servon-Tanis, cousine de son grand-père maternel,—une vieille «sang-bleu», qui tenait la famille à distance depuis le scandale de l’Affaire, mais qui, aujourd’hui, ne craignait pas de s’en rapprocher. Sa présence authentiquait mieux que de séculaires parchemins la noblesse du nouvel élu.
L’altière personne et sa ravissante compagne attiraient tous les regards, par la réunion des prestiges les plus séduisants du monde chez la femme: la grâce radieuse d’un jeune visage, une fleur admirable de distinction sous des cheveux blancs, et la plus sûre élégance de toilette, conforme à l’âge respectif, à l’endroit, à la circonstance.
Mais, à la porte de droite, un homme parut. Aussitôt, députés et public n’eurent d’yeux que pour lui.
Le marquis de Valcor entrait.
On le vit s’arrêter un instant, sans hésitation ni gaucherie, sans arrogance non plus, tandis qu’il choisissait de loin, parmi les places restées libres, celle où il irait s’asseoir.
Sa tenue, l’expression de sa physionomie, étaient d’une aisance parfaite, bien qu’il se sentît le point de mire de l’énorme assemblée.
Pendant la première seconde, où l’effet de son apparition suspendit tout, ceux qui ne le connaissaient pas encore de vue examinèrent avidement ce rare type d’homme. Sa haute taille, dans l’impeccable redingote fleurie d’un œillet blanc, sa tête superbe, son air de supériorité tranquille, l’intellectualité puissante, la volonté indomptable, empreintes sur ses traits, en imposèrent aux plus récalcitrants.
La Droite entière se leva et l’acclama de cris et de battements de main.