—«Gaétane ... Gaétane!...»


III

CE QUE LA MER ENTENDIT

CE lendemain de fête fut pour Micheline de Valcor la date la plus lugubre de son existence, le jour qui l’initiait à la douleur.

Sa jeune vie, jusque-là, s’était écoulée dans une douceur merveilleuse. Et elle n’aurait pas su qu’il y avait des larmes sur la terre, si elle n’avait pas essayé de faire la charité.

Elle était un peu comme ce prince d’Orient à qui ses courtisans avaient si soigneusement caché toute laideur et toute peine, qu’il dut s’échapper de son palais pour découvrir la maladie, la vieillesse et la mort. Il est vrai qu’il ne rêva plus ensuite qu’à consoler l’humanité, et qu’il devint, sous le nom de Bouddha, le dieu le plus adoré de l’univers.

Micheline n’eût voulu consoler qu’un être au monde, celui qu’elle aimait, et qu’elle devinait aussi malheureux qu’elle-même.