—«Maintenant,» dit Hervé, «il faut que nous nous quittions.»

Micheline pâlit, autant de la douleur de lui dire un adieu qui pouvait être long—qui sait? même éternel—que de frayeur pour lui, qui allait reprendre son périlleux chemin.

—«Me permettrez-vous de revenir?» demanda-t-il.

—«Ici?

—Sans doute.

—Non, non! J’aurai toute la patience qu’il faudra. Je préfère ne pas vous voir que d’exposer votre vie. Jurez-moi que vous ne recommencerez pas cette entreprise insensée.»

Sans répondre, il la suppliait des yeux de ne pas exiger un tel serment. Elle demeura inflexible. Hervé dut se soumettre.

—«Alors, laissez-moi toucher votre main ... Essayez ...» implora-t-il.

—Oh! vous vous tuerez!...» soupira Micheline, dont le sang se glaçait à chaque mouvement du jeune homme.

Cependant, leurs doigts étendus restaient séparés par un espace presque imperceptible. Mais cet espace, la mort seule eût permis à Hervé l’élan nécessaire pour le supprimer.